En juin 2024, le Rhône a débordé sur le tronçon Sierre–Chippis. Cela a causé d’importants dégâts matériels
et a nécessité l’évacuation de plus de 200 personnes. Des débris ont bloqué les routes, de nombreuses habitations
sont devenues inhabitables et l’activité industrielle s’est arrêtée. La commune et le canton ont investi
des sommes considérables dans les travaux de déblaiement.
En juin 2026, le canton a constaté que la protection en aval du pont routier restait insuffisante. Il a prolongé
les mesures d’urgence jusqu’au 31 octobre 2028, pour un coût supplémentaire estimé à environ 10 millions
de francs, majoritairement pris en charge par la Confédération. Malgré ces mesures, la protection reste donc
loin d’être suffisante et la nécessité d’agir demeure aiguë.
Le PVL Valais avait déjà demandé en 2024 une prise de position du Conseil d’État sur le projet Rhône 3. À ce
jour, aucune explication satisfaisante n’a été fournie. Les divergences actuelles avec la Confédération, ainsi
que le financement non clarifié, retardent les travaux relatifs à la troisième correction du Rhône et alimentent
l’incertitude. Le PVL Valais maintient donc les attentes suivantes.
Comparaison transparente : pour chaque tronçon du projet, le projet général de 2016 et la solution révisée
doivent être comparés de manière claire, en indiquant les répercussions sur le niveau de sécurité, le périmètre
du projet, les surfaces d’assolement, la nature, les coûts, le calendrier et le financement fédéral.
Sécurité : les modifications apportées aux mesures de protection existantes ne doivent entraîner aucune diminution
injustifiée du niveau de sécurité. Les nouveaux débits de référence, les cartes des risques et d’intensité,
l’état des digues et les risques de dommages doivent reposer sur des données actualisées, tenant
compte du changement climatique et des risques pour la population, les entreprises et les infrastructures critiques.
Solution juridiquement sûre pour l’agriculture et la nature : l’utilisation des surfaces d’assolement doit
rester limitée au strict minimum, avec une solution concrète de compensation pour les pertes inévitables.
L’espace réservé aux cours d’eau conforme au droit fédéral, les fonctions naturelles du Rhône, les habitats
des plaines alluviales et la connectivité écologique doivent rester garantis.
Transparence totale en matière de coûts et de financement : les coûts actualisés du projet doivent inclure
toutes les dépenses prévisibles, notamment l’acquisition de terrains, les surfaces d’assolement, les sites
contaminés, les eaux souterraines, la gestion des matériaux, les adaptations des infrastructures, les espaces
publics et l’entretien ultérieur. Les économies réalisées doivent être clairement distinguées des simples reports,
externalisations ou coûts non encore budgétisés.
Coordination anticipée avec la Confédération : les modifications importantes doivent être coordonnées en
temps utile avec l’OFEV et les autres partenaires du projet, avec des processus d’information, de coordination
et de rapport organisés de manière à éviter l’apparition de nouveaux déficits de financement ou de procédures
d’autorisation évitables. Le Conseil d’État doit indiquer quelles mesures il compte poursuivre, suspendre
temporairement, reporter ou interrompre si la Confédération continue de suspendre, de réduire ou de
retarder le versement des fonds fédéraux.
Continuité et direction politique claire : pendant la révision, les mesures de protection urgentes et nécessaires,
quelle que soit la variante retenue ultérieurement, doivent être maintenues. L’entretien, les contrôles
des digues, les systèmes d’alerte et la protection des infrastructures critiques ne doivent pas être retardés par
la révision. Les compétences, les décisions et les écarts significatifs doivent être présentés de manière transparente
au Grand Conseil et au public.
Un projet tel que Rhône 3 a des répercussions importantes sur la population, l’environnement et l’économie.
Chaque année perdue augmente les coûts en cas de nouvelle crue et met en danger les personnes, les entreprises
et les infrastructures. Le PVL Valais attend désormais un contrôle politique renforcé, des faits transparents
et des informations claires.
Le PVL Valais demande donc au Conseil d’État de répondre aux questions suivantes :
- Quel est le calendrier actualisé de la troisième correction du Rhône ?
- À combien s’élèvent les nouveaux coûts, et quelles économies concrètes cette révision permet-elle de
réaliser ? - Quel niveau de sécurité la troisième correction garantit-elle, aujourd’hui et à l’avenir, à la population et
aux entreprises de la plaine du Rhône ? - Quelle part du financement fédéral est aujourd’hui garantie ?
- Quels sont les scénarios de financement et de construction en cas de crise ?
Le PVL Valais regretterait vivement que des écarts évitables au sein du projet révisé Rhône 3 nécessitent un
nouveau message et une nouvelle approbation de l’Assemblée fédérale. Le parti reste par ailleurs préoccupé
par les lacunes de communication et de coordination du canton envers la Confédération et l’OFEV, relevées
par le Contrôle fédéral des finances dans son rapport (CDF-25342, référence à vérifier auprès du rapport publié).
Ces lacunes fragilisent le soutien apporté au projet Rhône 3 et font peser un risque réel de retard, de
suspension ou de réduction des paiements fédéraux.
PVL Valais